“ Il était sagement garé au bord de l’eau, tout seul au milieu des camions, grues et containers ! ”

Journal

entre la paperasse et les samosas de Joo Chiat


singapour, 15 aoû, 2010

C’est après avoir (douloureusement) laissé notre Defender dans un entrepôt sur le port de Darwin qu’on a eu notre premier contact avec Singapour. À la fois une île, une ville et un pays autonome, Singapour est totalement différente des autres pays Asiatiques qu’on a pu visiter. Pleine de lois et de règlements stricts, parfois étranges, de taxes et de procédures, Singapour bénéficie d’un succès économique unique, et est un véritable melting-pot des cultures chinoise, malaise et indienne. Un mélange savoureux, qu’on est contents d’avoir appris à connaitre, notamment grâce à Tony, du Betel Box.

Le Betel Box, Joo Chiat et un food walk

À Singapour, on a établi notre quartier général au Betel Box, une auberge de jeunesse dans une maison-boutique traditionnelle. D’abord effrayés par le bruit et l’animation de la rue Joo Chiat, juste en-dessous de nos fenêtres, on a ensuite apprécié l’emplacement et les activités proposées par le gérant, Tony.

La rue Joo Chiat abrite de nombreux bars et discothèques, sans compter de nombreux restaurants, cafés et boutiques de quartier. À l’occasion d’un Food walk organisé par Tony, on a appris à connaitre la ville et à comprendre ses habitants, en marchant de nuit dans les rues et les immeubles. De l’hôtel, on a d’abord acheté quelques samosas et curry puffs, juste en face de la mosquée. On les a dégustés au dernier étage d’une tour d’appartements, avec vue sur Singapour et la Malaisie, de l’autre côté d’un mince bras de mer.

Tony nous a ensuite promenés dans les rues du quartier, des bars à filles au supermarché, en passant par les cours communes et les terrains de sport. Pour finir, on s’est assis dans la cour d’un immeuble, et il nous a raconté comment fonctionnait son pays. Saviez-vous que des capteurs installés dans les ascenseurs détectent un pipi déplacé ? Qu’il est toujours interdit de vendre du chewing-gum ? Qu’une voiture de plus de 10 ans n’a plus le droit de circuler ? Que les automobilistes payent leur route en fonction des embouteillages ?

De Chinatown à Little India

Dès le lendemain de notre arrivée, nous sommes partis à la découverte de la ville. On a pris un bus jusqu’à Little India, et on a ensuite traversé la ville à pieds. Au milieu des effluves épicées de Little India, on trouve de nombreux magasins d’informatique et d’électronique, des temples hindous, et on peut déguster à toute heure de la journée du poulet Tandori. À partir des petites rues de ce quartier, Singapour pourrait presque passer pour une petite ville…

À la recherche d’une paire de chaussures de marche (mission impossible), on s’est retrouvés dans le centre d’achat Mustafa. Un magasin incroyable, dont les rayons sont remplis d’affaires jusqu’au plafond. Les vendeurs nous aidaient nonchalamment à nous y retrouver dans ce bazar : vêtements, produits de beauté, chaussures… le choix est tellement étendu qu’on s’y est perdus !

Quelques heures plus tard, c’est en traversant le centre-ville jusqu’à Chinatown qu’on a pris la mesure, ou plutôt la démesure, de cette immense métropole. Les gratte-ciel s’enchainent, tous plus hauts et plus originaux les uns que les autres, notamment ce bateau posé sur trois immeubles, à plusieurs dizaines d’étages de haut ! Singapour ne lésine pas sur les moyens, qu’il s’agisse d’étendre son territoire sur la mer, ou de construire un téléphérique pour emmener les touristes jusqu’à l’ile de Sentosa !

À Chinatown, on s’est promenés dans les rues du marché. Lampions rouges et or, statues de Boudha, étalages de légumes et de poissons… les quartiers chinois se ressemblent dans toutes les villes : la même agitation, bonne humeur, le même vivier de produits frais et terriblement exotiques à nos yeux !

Sur le quai… notre Defender !

Notre escale à Singapour s’est terminée par l’arrivée (tant attendue !) de notre Defender au port. Équipés, comme il se doit, de notre Carnet de passages en douane, on a appris que Singapour fonctionne de manière différente de tous les autres pays : il faut d’abord que le carnet soit endossé par l’Automobile Association (au verso de la page), avant de pouvoir passer les douanes. Conduire une heure à Singapour, juste le temps de se rendre à la frontière Malaisienne, n’a pas de prix : prenez 300 Sgd pour une semaine d’assurance obligatoire et minimum, ajoutez 100 Sgd environ pour l’Autopass et l’autorisation de rouler, et vous aurez une idée approximative de la raison pour laquelle on a préféré ne pas rouler à Singapour ! À la place, on a loué les services d’une dépanneuse : le Def’ a traversé Singapour… sur un camion !

Singapour doit notamment sa fortune à son emplacement stratégique pour le transport maritime. Rien d’étonnant, donc, à ce que le port soit une énorme partie de la ville, et organisé en plusieurs zones. Il faut un permis temporaire d’entrée pour chaque zone, qui s’obtient auprès de PSA, la police portuaire.

De notre côté, la compagnie de shipping avait apparemment perdu la voiture… Après s’être présentés à la mauvaise porte (où deux Lamborghinis nous attendaient à la place du 4×4), on a attendu 4 heures devant la deuxième entrée, le temps d’être autorisés à modifier notre passe… On a finalement retrouvé notre Defender, sagement garé (avec les clés sur le siège) au bord de l’eau, tout seul au milieu des camions, grues et containers !

Grâce à Hazam, le très serviable chauffeur de la dépanneuse, et après toute une journée de formalités, on a enfin pu monter dans le Def’. Le camion nous a laissé au sommet du pont, entre les frontières de Singapour et de la Malaisie. La clé a tourné dans le contact, et le 4×4 a démarré comme si de rien n’était, comme si ça ne faisait pas 3 semaines qu’il était en mer. Avec soulagement, on s’est éloignés de Singapour et ses complexités, direction la Malaisie, pour la suite de nos aventures !