“ À Zabljak, on a visité le Lac Noir, encore couvert de neige, et la Montagne de l’Ours. ”

Journal

Printemps fleuri sur les Balkans, de Tirana à Sarajevo


Montenegro, 18 mai, 2011

A partir de Florina, en Grêce, la frontière avec la Macédoine (pardon, le FYROM), prochaine étape sur notre trajet, n’était qu’à une vingtaine de kilomètres. Et pourtant, on ne devait jamais y mettre les pieds. Même en achetant de toute urgence notre carte verte (obligatoire pour circuler en Europe), les douaniers aux têtes de mafieux Russes ne nous ont pas laissé entrer, pour des raisons on ne peut plus obscure. Pas grave, on a redirigé nos 4 roues (motrices) vers la frontière avec l’Albanie, à peine 50 km plus loin. C’est l’avantage de circuler en Europe : de petites distances et des formalités douanières de plus en plus simples. Nous avons donc fait nos premiers pas dans les Balkans en Albanie, un très beau pays au charme serein et aux filles longilignes et blondes. Un bain dans les eaux sulfureuses de Llixha, et on est partis à la découverte de la région, entre Tirana et Sarajevo, en passant par l’Albanie, le Montenegro, la Bosnie Herzégovine, la Croatie et la Slovénie.

Tirana et tout le charme de l’Albanie

Notre voyage en Albanie a commencé par un peu de confort : un quart d’heure de trempette dans un bain d’eau sulfureuse à Llixha. Bain suivi d’une bonne douche, grand luxe après une semaine sans pouvoir se laver (on ne s’est jamais douchés en Grêce) ! On a ensuite mangé des spaghettis « bolognez » dans le restaurant du centre thermal. Et cure oblige, une pomme nous a été offerte en dessert.

Changement de décor : dès le lendemain, on a quitté la campagne pour rejoindre Tirana. On y a passé deux jours, le reste de notre séjour en Albanie, dans un garage Land Rover. Et oui, il est conseillé de changer l’huile tous les 6 000km. Mais à 300km par jour, vous comprendrez donc qu’on visite un garage en moyenne tous les 15 jours ! On est bien tombés, sur des mécaniciens qui savent de quoi ils parlent, et qui ont refait une santé à notre Def’ bien aimé. Pendant ce temps, on profitait du soleil : on a mangé un steak et une salade en terrasse, et Michaël est allé se faire tailler la barbe dans une petite rue commerçante de la capitale, où on a ensuite mangé une pizza. Et ce soir, on a dormi dans la garage, comme en Malaisie.

Juste avant de quitter (déjà) le pays, on a fait une courte visite au héros national, Skanderberg, figure mythique de la lutte contre les Ottomans. Une tombe commémorative aux allures de château lui est dédiée à Lëzhe, et on peut y voir son casque et son épée, au milieu des blasons militaires du pays.

Montenegro : le monastère d’Ostrog et le canyon Tara

Arrivés au Montenegro, on a simplement contourné Pogdorica, la capitale aux 600 000 habitants. Le pays est petit, peu connu, mais offre des paysages splendides. Notre première étape a été le Monastère d’Ostrog, à 900m d’altitude, creusé dans la falaise qui surplombe Danivlograd. Le monastère orthodoxe de l’Église Serbe est dédié à Saint-Basile, et accueille chaque année des millions de pèlerins du monde entier. Souvent, de nuit, la cour est couverte de matelas, et les pèlerins s’y retrouvent plusieurs jours pour prier. Pour nous, ça a été l’occasion de rencontrer Sandra, originaire du Sundgau, et bénévole, ainsi que Ivana et Slavish, un couple de pèlerins Serbo-Montenegrin.

Après une bonne nuit passée sur le parking, en compagnie de pèlerins très gentils, on a repris la route en direction du canyon Tara. À Zabljak, on a rencontré Yann, un Overlander Allemand avec qui on a visité le canyon et le Lac Noir, encore couvert de neige, à l’ombre de la Montagne de l’Ours. On y a également fait connaissance d’un Monsieur de 70 ans, qui vient plusieurs fois par jour en vélo, sur la glace, s’entrainer aux barres parallèles !

Bosnie Herzégovine : bienvenue à Sarajevo !

De Zabljak, on a ensuite suivi le cours de la rivière Tara, de canyon en canyon, jusqu’à la frontière avec la Bosnie Herzégovine. Première étape : Sarajevo, dont les affrontements passés sont encore visibles par endroits. Mais par endroits seulement : la ville est très moderne, et offre un nombre incalculable de magasins Zara et de terrasses à la Parisienne. D’ailleurs, le sandwich qu’on a mangé dans un quartier commerçant pouvait rivaliser avec Paris… en termes de prix !

À Mostar, où certaines maisons sont encore criblées de balles, on s’est promenés dans le quartier médiéval, tout en pierre, dont le centre d’attraction est le pont Stari Most. C’est là qu’on a petit-déjeuné quelques pâtisseries, en regardant la rivière couler sous le soleil.

De la Croatie à la Slovénie : quelques jours vers l’Italie

Le désavantage de voyager hors saison, c’est que tous les campings sont fermés, ou n’ont pas d’eau chaude. C’est finalement dans une station service qu’on a trouvé une douche, juste avant qu’une tempête de vent incroyable se défoule sur notre bivouac ! De bon matin, j’ai failli m’envoler dans les bourrasques d’une aire de repos déserte !

La frontière Slovène a été la dernière : jusqu’en France, on n’a par la suite plus croisé aucun douanier. Traversant rapidement le pays, en évitant l’autoroute sans se perdre, comme nous l’avait prédit un policier, on a rapidement rejoint l’Italie. Sans même s’arrêter, on s’est retrouvés sur les routes du Frioul, à 25km à peine de Buja, où Michaël avait passé toutes ses vacances étant enfant. En quelques jours, on était arrivés en Europe. Océanie, Asie, Moyen-Orient et maintenant Balkans : on était désormais aux portes de l’Europe, à une frontière de la France. Mais notre tour du monde nous réservait encore de belles surprises, de l’Autriche à l’Allemagne, jusqu’à notre arrivée en France le 23 Avril !