A partir de la Slovénie, on n’a plus eu à passer aucune frontière. Plus besoin du Carnet, plus besoin de montrer patte blanche : nous sommes entrés en Italie sans même nous en rendre compte. Et tout à coup, Udine n’était plus qu’à 25 kilomètres. C’est au coeur du Frioul que la famille de Michaël trouve ses racines, et c’est ici, tout près de la frontière de l’ancienne Yougoslavie (et à seulement une frontière de la France) qu’il passait toutes ses vacances étant enfant. D’Udine à Buja, en passant par San Daniele, Gemona et le Monte : un vrai retour aux sources marque le début des 700 derniers kilomètres de notre voyage… De l’Italie, nous avons ensuite pris la route des Alpes en Autriche, et avons suivi les petites routes de montagnes jusqu’en Allemagne. Un dernier bivouac dans un pré, en compagnie de quelques biches, et finalement, cet écriteau : Bâle, 100 km, sonna l’arrivée de notre voyage. Terminus de ce train, tous les voyageurs descendent de voiture. On s’arrête là… Pour le moment, bien sûr !
Gnoccis, prosciutto et vacances en Italie
D’Udine, la grande ville du Frioul, nous avons poursuivi notre route quelques kilomètres jusqu’à Piemonte du Buja. C’est là qu’habitaient Ezio et Maria, les grands-parents de Michaël. La maison est aujourd’hui vendue et en travaux, mais les arbres à kiwis sont toujours là, et rien ne semble avoir changé dans le quartier. Sur les traces de l’enfance de Michaël, on est montés jusqu’au Monte di Buja, un charmant petit village en haut de la colline. Il y a une église et un restaurant, l’Al Ladin, où tous les hommes se retrouvent pour boire l’apéritif. On a garé le Def’ sur les pavés de la place, avant de s’asseoir à la terrasse. On a passé la soirée là, dégusté du Prosciutto avec un verre de vin rouge, avant de passer à table : gnoccis au ragout et gnoccis à la prune en dessert. Toute la saveur de l’Italie : inestimable !
Le but premier de notre voyage était de visiter Mario, l’oncle de Michaël, qui vit à Majano dans un centre spécialisé. Nous avons été gentiment accueillis par l’équipe, et les retrouvailles ont été très émouvantes ! En échange des photos que nous n’avions surtout pas oubliées, Mario nous a fait visiter sa chambre, la salle de gym et le réfectoire. Puis on a eu la chance d’assister à une répétition de leur pièce de théatre. Michaël y a même participé, aux côtés de son oncle, déguisé en lion pour l’occasion.
Mandi! : à la santé des Frioulans
On tombait juste bien pour les 150 ans de l’unification de l’Italie. Le Frioul n’y est entré que plus tard, après la Première Guerre Mondiale, mais les locaux avaient trouvé un autre prétexte pour faire la fête. Pour le week end, on préparait donc une célébration des chasseurs Alpins Frioulans, avec reconstitution militaire d’une tranchée, et costumes authentiques Autrichiens et Italiens. Emiliano et son équipe de bénévoles travaillaient sur la tranchée, et nous ont gentiment invités à boire une bière, avant de nous convier à une pasta party ! Ce soir-là, on a bien bu et bien mangé, essayant de saisir au passage quelques mots de Frioulan.
Après une démonstration de sauvetage en haute montagne, et visite de l’hélicoptère, on a admiré les armes, canons et pièces d’époque, commentées par des soldats Autrichiens et Italiens en costume. Notre séjour en Italie s’est terminé sur une belle note : au coeur de l’église rénovée, on a eu la chance d’écouter les choeurs des chasseurs Alpins. Un dernier plat de gnoccis au ragout, et on a repris la route. On n’était plus qu’à 600 km de la France : aie, aie, ça commençait à sentir la fin de notre voyage ! Même sous la pluie et dans les nuages, on a fait durer les derniers kilomètres… et le plaisir.
Entre le Tyrol et la Bavière : de lacs en châteaux
Quittant l’Italie, on a été arrêtés une demi-heure par deux Carabinieris zélés. Une petite pause avant de passer une nouvelle frontière : quelques kilomètres plus loin, nous entrions en Autriche. On a choisi de suivre la route des Alpes, la Hochstrasse, par les petites routes de campagne. On a admiré des maisons de bois immenses et peintes jusqu’aux volets, traversé des collines vertes et fleuries. Quelques notes de musique en plus, et on se serait crus dans la Melodie du bonheur ! Edelweiss, Edelweiss, veille sur mes montagnes…
Pour notre unique nuit en Autriche, on a bivouaqué sur le parking de la cascade de Krimml. La nuit a été très calme, mais éclairée comme en plein jour par la lune. Le matin, le parking était plein de bus et de retraités qui allaient randonner à la cascade. Entre les bus de voyage, notre 4×4 faisait sensation ! On a fait comme certains des papis : laissé les autres partir avec enthousiasme, pendant qu’on restait tranquillement assis sur nos bancs ! Le Tyrol Autrichien offre des paysages bucoliques, et on s’est arrêtés au bord du lac Achensee pour pique-niquer un sandwich jambon, tomate et cornichons… Notre spécialité !
L’avant-dernier jour de notre voyage (gloups !) s’est déroulé à cheval sur deux pays, avec des passages de frontières successifs entre l’Allemagne et l’Autriche. D’un côté, on a bivouaqué au bord d’une foret, réputée pour ses spots d’escalade. De l’autre, on a admiré, de loin, le célèbre château du Neuschwanstein : pluie et nuages, on reviendra une autre fois !
Nous revoilà donc à ce fameux dernier bivouac, dans un pré entre deux champs de blé, au bord de la foret. Trois biches se sont enfuies à notre arrivée, et on a installé la bâche à cause de la pluie. Le jour suivant, un écriteau indiquait Bâle à 100 km. Si on a évité la Suisse pour ne pas payer l’autoroute, on est néanmoins arrivés en France en début d’après-midi. Après 55 000 km entre la Nouvelle-Zélande et la France et 370 jours de voyage, nous avions traversé 24 pays et 3 continents… Le plus beau voyage de notre vie s’est conclu le 13 avril 2011, quand nous avons klaxonné dans la cour de nos parents. Nostalgie, nostalgie, qu’on aimerait prendre la route à nouveau ! Mais on partira bientôt, le voyage ne s’arrête que pour quelques années. Comme dirait Goldman, il n’y a que les routes qui sont belles… Amis nomades, nous vous disons bonne route et à bientôt, on the road again.



































Vous m’avez fait rêver avec votre voyage !
Et vous m’inspirez aussi…
Bon retour, et peut-être au plaisir de vous croiser à l’occasion, maintenant que vous n’êtes plus à l’autre bout du monde !
Whou whou..j’ai entendu parlé de vous pendant plusieurs mois…Par un bel après après midi d’avril j’ai vu un « monstre » 4×4 arrivé dans le jardin et ça sentait drôlement bon..Tut tut..ça y est enfin vous voilà !! Maintenant on est super copains :)) j’ai appris à Marie et Mkl à jouer à la balle et au boomerang. En tous cas depuis que vous êtes revenus j’ai bcp moins de place sur le canapé..
Ce qui paraissait une pure folie est devenue réalité !! BRAVO pour votre détermination ! Vous êtes « habités » désormais par toutes ces rencontres et expériences…une grande richesse dont nous profitons aussi !! DefRusty vous attend fidèlement pour la suite …