“ Je laissai trainer mon regard le long de l’écume, jusqu’à cette île qui avait abrité tant d’aventures... ”

Journal

Go West, part 5 : L’Île de Vancouver et Tofino


canada, 8 Nov, 2009

Nous voilà de retour pour un nouvel épisode de notre voyage dans l’Ouest ! Je sais, on vous avait promis de parler d’Halloween… mais croyez-moi, c’est bien plus drôle de parler de la prochaine étape de Go West ! Si vous vous souvenez bien, on avait fini le dernier article au moment où notre ami Thomas nous faisait faux bond (!), et qu’au lieu de passer la nuit à Vancouver, on prenait directement le ferry pour… l’Île de Vancouver, Nanaïmo, Tofino, l’Océan Pacifique et la forêt humide. Alors, vous êtes prêts à embarquer ?

Le ferry et notre (unique) nuit en motel

Quand on est arrivés à Vancouver, il était prévu qu’on passe la nuit et la journée du lendemain chez notre ami Thomas. Mais, coincé sur le terrain, pour son travail, à quelques milliers de kilomètres au nord de chez lui, il ne pouvait malheureusement pas être là pour nous accueillir. Après avoir appris tout ça en nous connectant sur Internet dans un centre communautaire de Vancouver, et après avoir essayé tant bien que mal de décoder les messages que Thomas nous avait laissés grâce à un téléphone satellite (pour faire court, on n’a même pas compris son nom !), on a décidé de partir tout de suite pour l’Île de Vancouver. Et pour ça, il a fallu prendre le ferry.

Quelques heures plus tard, on était dans la file qui menait à l’embarquement. Des centaines de voitures, rangées par ligne de destination ; des centaines de personnes qui attendaient plus ou moins patiemment le départ de leur bateau. Et nous, coincés au milieu de la foule, qui nous demandions à nouveau ce qu’on faisait là. Mais finalement, le bateau a fini par appareiller, et on a pu, pour la première fois pour Michaël, voir cet Océan de l’autre bout du monde.

La traversée nous a pris environ deux heures, qu’on a bien occupées. Tout d’abord, on s’est précipités sur le pont, pour tout voir : Vancouver qui s’éloignait au bout de la vague créée par le ferry, la brume du soleil couchant qui se posait sur l’eau, le vent si fort qu’il nous bloquait la respiration et emmêlait nos cheveux… Et pour finir, parce qu’il était déjà tard et qu’on était fatigués, on échoué à l’arrière de la voiture, sur le pont 3, où on a grignoté des chips et bu du Coke en rigolant.

Quand on est arrivés à Nanaïmo, il faisait déjà bien nuit, pour ne pas dire une nuit sombre, dans laquelle on ne distinguait pas les indications routières. On n’avait pas le temps de rejoindre Tofino, de l’autre côté de l’île, dans la soirée. Il fallait donc qu’on dorme à Nanaïmo, une ville touristique pleine de centres commerciaux, de restaurants drive-in cheap, de routes et d’échangeurs d’autoroute. Bref, le rêve, quoi. Après avoir désespérément tenté de dormir dans un des campings de Parcs Canada, tous fermés à notre arrivée, on a décidé de se rabattre sur un motel : le Skylite Motel, quand même un petit havre sympa dans cette ville abrutissante. La nuit en camping nous a couté en moyenne 15$ ; cette nuit-là, on a payé un salle de bains et des draps 100$… Mais c’était également une expérience : on a garé la voiture juste devant notre chambre, dans une petite maison en rez-de-chaussée, et on a passé une « bonne » nuit (le silence des nuits en camping nous manquait). Le lendemain matin, on s’est évidemment levés trop tard pour le petit-déjeuner gratuit, donc a déjeuné une brique de jus de fruits et une barre de céréales chacun, dans la voiture.

Tofino et l’Océan Pacifique

Après notre super petit-déjeuner de routards (ou plutôt de routiers), on a pris la route pour Tofino, à l’autre bout de l’île. On a roulé environ 240km pour atteindre cette petite ville assez sympa, au bord de l’eau. Bien sûr, on avait choisi une fin de semaine pour découvrir cet endroit très fréquenté, ce qui fait qu’on a du se rabattre sur un camping très moyen, le Ucluelet Campground, dans une ville proche, mais pas à Tofino même. Mais qu’à cela ne tienne, on a quand même apprécié notre journée.

Après avoir installé notre tente et pris un petit gouter, on a décidé d’aller lire et se reposer un peu au bord de l’Océan. Pour notre premier après-midi en face du Pacifique, on a choisi la plage Wickinanish, une immense plage entourée de montagnes, et on y a passé un moment vraiment très agréable. La plage était parsemée de coquillages et d’algues immenses, l’eau était gelée et seuls quelques surfers en combinaison s’y aventuraient. A l’abri du vent, appuyés contre des troncs secs, on était vraiment bien…

Le soir, on a décidé de changer un peu de notre popote sur le gaz en camping, et on a été manger un Fish & Chips au Sea Shanty Restaurant, tout au bord de l’eau. Avec une bonne chope de bière (ou deux pour Michaël), on a très bien mangé, sur la terrasse, en observant les allées et venues des hydravions.

La forêt humide et la brume du Pacifique

Alors que le samedi avait été ensoleillé, on s’est réveillés un dimanche matin brumeux et légèrement pluvieux, envahi de corneilles. Dès le petit matin, on s’est présentés au camping de nos rêves, pour être sûrs d’avoir une place. Le camping Greenpoint est géré par Parcs Canada, et on vous conseille tout particulièrement les emplacements walk-in. A 5 minutes à pieds du parking, ils sont calmes et enfoncés dans la forêt humide même ! Notre emplacement, le numéro 9, était entouré de troncs entrelacés, et on entendait les vagues de l’Océan, à peine en contrebas !  C’est vraiment un endroit magnifique !

De notre emplacement, où on a posé notre minuscule tente, on a gagné l’Océan par un petit sentier, juste derrière le camping. Ensuite, plus tard dans la journée, on marché sur deux sentiers d’interprétation dans la forêt humide : le Schooner Trail et les deux (A et B) parties du Rainforest Trail. On était très souvent tout seuls, au milieu d’arbres, cèdres et pruches, gigantesques ! La forêt humide est un écosystème à part, très luxuriant, où chaque arbre qui meurt devient le berceau nourricier de centaines d’autres plantes. Le Schooner Trail descend jusqu’au niveau de l’Océan, où on est arrivés dans un nuage de brume, qui donnait une ambiance fantomatique aux arbres secs échoués sur la plage Combers Beach.

Le soir, on a eu la chance d’assister à une conférence d’un des rangers de Parcs Canada. Au centre d’une assemblée très intéressée, le guide nous a présenté les ours, cougars et loups, sous un aspect nouveau. Au-delà d’animaux sauvages et de prédateurs, ils sont à la merci de l’imprudence des touristes. Comment ça ? C’est très simple : les ours et les loups sont attirés par les restes de nourriture laissés par les humains. Une fois qu’ils y ont gouté, ils associent l’humain à de la bonne nourriture pas difficile à attraper. Alors ils deviennent agressifs, n’ont plus peur de l’homme, et doivent souvent être abattus…

Pour la survie de ces espèces, mais aussi pour celle des prochains visiteurs, quelques conseils tout simples, et qui relèvent du bon sens pour la plupart d’entre nous :

  • ne laissez trainer aucun reste de nourriture, et ne laissez aucune nourriture sans surveillance
  • lavez vos ustensiles après manger
  • gardez vos ingrédients et ustensiles dans un rangement à l’abri des animaux (coffre de voiture, casier)
  • si vous croisez un loup, un ours ou un cougar, laissez-les tranquilles, ignorez-les et passez votre chemin
  • si un de ces animaux vous attaque ou montre un comportement agressif, défendez-vous !

Lundi marquait déjà notre retour dans la civilisation, à nouveau. Après un dernier détour par Cathedral Grove, entre Albertini et Parksville, on a repris le ferry pour Vancouver. Notre séjour de quelques jours sur l’île de Vancouver ont été une excellente surprise. On s’attendait à la plage, on imaginait quelques images de forêt humide, mais pas à ce point. La découverte du Pacifique, sur des plages mystérieuses et parfois fantomatiques, la rencontre extraordinaire avec les arbres centenaires de la rainforest ont dépassé toutes nos attentes ! Sur le ferry du retour, je lisais les premières aventures de Bob Morane, et la conclusion de cet article lui est dédiée.

Alors que les moteurs du bateau vrombissaient, je laissai trainer mon regard le long de l’écume, jusqu’à cette île qui avait abrité tant d’aventures. Accoudé au bastinguage, Michaël fixait un point vers l’horizon. Nous ne pourrions jamais oublier ce qu’on avait vu ici, et pour nous, les mots plage et arbre revêtiraient désormais une toute autre signification. Se retournant nonchalamment, Michaël interrompit là notre rêverie : « Prête pour la prochaine étape ? », dit-il malicieusement, en désignant de la tête l’avant du bateau.

A suivre…

Nos coups de coeur sur l’Île de Vancouver :

  • Le Greenpoint Campground près de Tofino, ne manquez pas les emplacements walk-in !
  • Le Schooner Trail, particulièrement intéressant un jour de brume
  • Les conférences de Parcs Canada (les programmes sont affichés à l’entrée des campings)
  • Les Fish & Chips au bord de l’eau
  • Le ferry qui va de Vancouver à l’Île

Nos conseils :

  • Habillez-vous chaudement
  • Prévoyez un imperméable
  • Réservez vos campings très à l’avance si vous en voulez un en particulier