“ The river of no return... Sometimes it’s peaceful, and sometimes wild and free. ”

Journal

Go West, part 2 : La promenade des Glaciers et Jasper


canada, 11 Oct, 2009

Juste après notre randonnée de 8,8km au Lac Louise (première rando dans les Rocheuses !), nous étions de retour sur la route, direction le Nord. A Lac Louise, on a quitté la Transcanadienne pour prendre la 93 North : les 230 km qui nous séparaient du parc national de Jasper sont connus sous le nom de Promenade des Glaciers. En roulant vers Jasper, on s’attendait à trouver cette nature sauvage qu’on avait déjà cherchée à Banff. Mais d’autres moments forts nous attendaient, et notamment, les célèbres chutes Athabasca (la fameuse rivière sans retour de Marilyn Monroe et Robert Mitchum).

Le lac Peyto

On a quitté Lac Louise en fin d’après-midi, dans l’intention de s’éloigner le plus rapidement possible de cette foule omniprésente. Grâce aux conseils de Parcs Canada, on a choisi un camping à 50km au nord de Lac Louise : le camping des Lacs Waterfowl. En 50km, déjà, le paysage avait changé : moins de touristes, plus de froid, plus de glaciers et de montagnes à pics… Pour la première fois, on a testé un camping à paiement autonome : les campeurs choisissent leur emplacement, glissent l’argent dans une boite aux lettres, et voilà, c’est fait. Pas d’accueil, peu de monde, un camping en plein cœur de la forêt… avait-on déjà trouvé la nature sauvage tant convoitée ? (Comme le monde est petit, c’est à cet endroit qu’on a croisé un couple de québécois très sympa, en caravane.)

On avait à peine installé le campement et commencé à faire à manger que le froid s’est fait sentir. C’était déjà l’heure de sortir nos collants et sous-pulls d’hiver. Je n’ai jamais été aussi heureuse d’avoir une grosse doudoune ! Dès le deuxième soir dans les Rocheuses, on a mis en application notre technique anti-trafic : visiter le soir, quand tout le monde mange à l’hôtel et que les parkings sont déserts. C’est à ce moment de la soirée, quand le ciel passe du bleu au noir et que la brume entoure toute chose, qu’on a découvert le lac Peyto. C’est un lac magnifique, une forme de loup qui s’étend du glacier Peyto, tout proche, aux reliefs de la vallée. Tout seuls (ou presque), on a même eu la chance de voir un Pica ! Et au moment de partir, un grand lièvre a traversé le chemin devant nous ! Ce soir-là, on s’est endormis avec un goût d’aventure dans la bouche. Était-elle enfin là ?

Jasper, les chutes Sunwapta et Athabasca

Quand on s’est levés ce lundi matin, vers 7h, le thermomètre de la voiture indiquait 0,4°C ! Tout était froid, et le soleil peinait à réchauffer la vallée entre les arbres. (Heureusement que c’était encore l’été !) Après un bon petit-déjeuner et une toilette rapide dans la salle de bains (pas de douches), on a continué notre chemin sur la promenade des glaciers. C’était la première fois que je voyais des glaciers d’aussi près ! Si les touristes (encore !) nous ont dissuadés de marcher sur le champ de glace Columbia, on s’est quand même abreuvés de ces images extraordinaires.

« There’s a river / Called the river of no return. / Sometimes it’s peaceful / And sometimes wild and free. »

Les chutes d’eau dans les Rocheuses, c’est un peu comme Niagara : il faut faire abstraction des aménagements, des pontons en béton et des centaines de flashs pour en apprécier la juste valeur. Les chutes Sunwapta, les premières sur notre route, nous ont fait découvrir toute la puissance des eaux de glaciers. (Pas question de faire du rafting ici : on est bien loin de la classe 5 !) Les chutes Athabasca ensuite, une cascade de 23m, nous en mettent plein la vue. On suit le courant au moment où l’eau se casse et s’engouffre bruyamment dans les rochers creusés, jusqu’en bas dans les remous… Le paysage est spectaculaire (là aussi, il faut faire preuve de beaucoup de concentration pour occulter les pontons en béton et les touristes omniprésents. A noter aussi l’inconscience des familles en visite, en talons et avec petits chiens, qui laissent les enfants de l’autre côté du garde-fou pour prendre un meilleure photo.) La nature est bien sauvage ici : malgré tous les efforts pour la contenir et la soumettre, elle gronde et tonne toujours, et continuera de couler bien après notre départ.

Le canyon Maligne

A Jasper, on a dormi au camping Wapiti. Un grand camping, plein de monde et, grand luxe, équipé de douches. On en a profité pour se laver et faire une petite lessive clandestine… Le lendemain matin, la route nous attendait déjà. A peine le temps de faire un détour par le canyon Maligne. La rivière l’a creusé jusqu’à 50m en certains endroits ! On a fait une courte randonnée de 4km, du 2nd au 6th pont. Le trail longe le canyon de très près, dommage qu’ils aient ajouté des barrières partout. On est revenus par une variante du chemin 7 : le 7f, qui longe le canyon plus en hauteur. (Complètement désert : ça nous a fait beaucoup de bien !)

Après un petit pique-nique au bord de la rivière, un peu plus loin, on a franchi une étape importante de notre voyage. A peine quelques minutes plus tard, on quittait en effet l’Alberta pour entrer en Colombie Britannique. Les trois premiers jours de notre voyage nous avaient fait découvrir des paysages extraordinaires, mais on attendait toujours de tomber sur la vraie nature, sauvage, sans touristes. (Rêvait-on ?) Notre prochaine étape était le parc provincial du Mont Robson, et on allait carrément vers l’inconnu, le parc étant moins connu que les autres. Qu’allait-on y trouver ? Sans le savoir, on était en route vers un des moments les plus forts de notre voyage. En fait, on pourrait même dire que c’est à l’ombre du Mont Robson que tout a vraiment commencé…

  • Ce qu’on a aimé dans la Promenade des Glaciers et à Jasper : la vue sur les glaciers, le lac Peyto en soirée
  • Ce qu’on a moins aimé : toujours tant de touristes et si peu d’authenticité

Nos conseils pour les glaciers et Jasper :

  • Un petit pull ne suffit pas : prenez votre doudoune, manteau d’hiver, pilous, collants, bonnet, écharpe, etc.
  • Visitez les endroits les plus beaux en soirée, après 18h.
  • Gardez votre petite monnaie, ça vous sera bien utile pour payer les campings sans accueil.