“ On a passé la nuit tout habillés, à écouter les rats courir dans le grenier... ”

Journal

Escale indonésienne : plage et galères à Bali


indonesie, 20 jui, 2010

Au moment de laisser notre Defender au port de Darwin, on a douloureusement appris que le voyage ne serait pas de 10 jours, comme initialement prévu, mais 21 jours… Trois semaines sans notre 4×4 ! On avait prévu de l’attendre sagement à Singapour, mais le budget (et la patience) nécessaires nous manquaient. On a donc décidé de partir pour l’Indonésie. Entre l’Australie et l’Asie, c’est un pays qui ne figurait pas sur notre parcours, et c’était l’occasion de le découvrir. Deux jours plus tard, nous nous sommes posés à l’aéroport de Denpasar, sur l’île de Bali, où nous avons commencé notre escale indonésienne, avant de rejoindre Java quelques jours plus tard.

Les coraux d’Amed et chez Bobo

Nous n’avons passé qu’une seule nuit à Kuta, la ville la plus proche de l’aéroport de Denpasar. Une courte traversée des rues en taxi nous a montré une ville agitée, pleine de touristes, de restaurants et de discothèques… Une ambiance survoltée, qu’on a eu du mal à apprécier calmement… Notre première surprise indonésienne a été la découverte, quelques heures plus tard, de l’appel à la prière nocturne. Les muezzins sont incontournables : de 4h du matin, et pendant une heure environ, impossible de les ignorer…

Dès le lendemain, nous avons pris un bus pour Amed, sur la côte Est de Bali. On cherchait un endroit calme pour se poser quelques jours, et travailler un peu. Le trajet a commencé par une heure de bus, qu’on a passée à discuter avec une voyageuse Hollandaise. À Padangbai, le changement pour un bemo (un mini-bus rouge, qui fonctionne comme un taxi collectif) a été compliqué… on a fini par trouver un chauffeur (et se faire avoir royalement), et on a roulé avec, entre autres, deux énormes poissons dans une bassine !

À Amed, on s’est installés dans une très jolie chambre du Amed Café, avec vue sur la mer, décor en bambou et salle de bains ouverte. On a passé quelques jours sur la plage, avec notre masque et tuba. Si on a pu voir quelques poissons (dont un perroquet à bosse), on a trouvé que les coraux étaient en mauvais état (en tout cas dans cette zone), et abritaient peu de vie aquatique. Le soir, on se rinçait dans la piscine de l’hôtel avant d’aller manger au Warung Bobo, un petit restaurant pas très loin. On y a goûté un repas traditionnel Balinais, au son des flûtes

Galère dans les montagnes

Amed nous a rapidement fatigués : remplie de touristes, elle attire de nombreux quémandeurs, pas toujours très sympathiques. On a donc décidé de partir pour les montagnes, vers Gigit Waterfalls, d’ou on prévoyait ensuite de rejoindre les rizières Jatiluwih, sur le point d’être inscrites au patrimoine de l’Unesco.

La route, en taxi, a été longue et périlleuse : en à peine cinq minutes, on avait déjà failli écraser un petit garçon en vélo et trois poussins ! Arrivés au sommet de la montagne, à Buleleng, on s’est installés dans un hôtel local, qui s’est avéré assez miteux. On a passé la nuit tout habillés, à écouter les rats courir dans le grenier… Toute une expérience ! À peine avait-on réussi à sortir du circuit touristique qu’on se retrouvait coincés : pas de moyen de transport, pas d’ATM à moins d’une cinquantaine de kilomètres, deux restaurants et trois hôtels dans le petit village… Par manque d’espèces, on a du partir dès le lendemain pour une plus grande ville, sans voir les chutes, et sans s’arrêter à la rizière. On a quand même fait un court détour par Seririt, pour une petite baignade dans les sources d’eau chaude.

Il faut bien l’avouer, la première étape de notre voyage en Indonésie, sur l’île de Bali, nous a plutôt déçus. Entre les transports en commun peu coordonnés et l’insistance des quémandeurs locaux (et surtout leur manque de sympathie et d’honnêteté), on y a en fait pas trouvé grand-chose d’exceptionnel. Probablement qu’en voiture et avec un peu plus de moyens, on aurait apprécié davantage notre voyage ! En transports en commun en tout cas, on a trouve très difficile de sortir du circuit touristique, qui s’avère un vrai piège organisé à certains endroits.

Petit exemple pour ceux qui trouveraient notre jugement cruel : à Bali, on s’est faits littéralement harceler par un chauffeur de taxi, qui voulait absolument nous conduire à notre prochaine étape. Un de ses arguments était qu’on devait donner des sous aux locaux, pas seulement à l’hôtel. Bref. On a fini par céder. Pour apprendre plus tard qu’il vivait confortablement avec 400 000 Rp par mois. Il nous a fait payer la course 350 000 Rp…

Gilimanuk, le ferry et l’arrivée à Java

On a donc quitté Bali à peine quelques jours après notre arrivée à Denpasar, en prenant le ferry de Gilimanuk à Banyuwangi, sur l’île de Java. Pour la première fois, on a payé notre traversée au même prix que les locaux, et ça nous a fait du bien de ne pas avoir à marchander et négocier ! Ensuite, la traversée en bateau, d’une demi-heure environ, a été intéressante, et assez agréable.

Penchés au bastingage, on a vu Java s’approcher peu a peu, d’abord grâce au Gunung Merapi, visible d’assez loin. À l’arrivée sur le quai, on a observé des pêcheurs-plongeurs nager juste à côté du bateau, et rejoindre la berge en passant par le pont. À Banyuwangi, on n’avait pas la moindre idée d’où aller, dormir, ou de quoi faire… Mais notre aventure indonésienne à Java s’est avérée plus agréable et riche qu’à Bali ! Retrouvez-nous bientôt pour la suite : la montée du Kawah Ijen, les trains Javanais, les temples de Yogyakarta et jusqu’au jardin botanique de Cibodas.