Après l’Iran, passer en Turquie a été une vraie partie de plaisir, et a quasiment marqué notre arrivée en Europe. Déjà, pas besoin de passeport, nos cartes d’identité Françaises suffisent. Et on oublie le Carnet de passages : un simple tampon lie le 4×4 à notre entrée sur le territoire. « Welcome in Turkey! » : le passage de la frontière a été l’occasion, tant attendue, d’ôter mon voile, et de faire un pied de nez au conservateurs Iraniens. Qu’on va s’efforcer de ne plus jamais revoir. Bien que la Turquie évoque plages, désert et soleil pour la plupart des voyageurs, c’est sous la neige qu’elle nous a dévoilé ses plus beaux paysages, et des bivouacs de rêve, des montagnes enneigées d’Erzurum aux côtes claires de la Méditerranée. Aux portes de l’Europe, tours et détours ensoleillés, depuis les montagnes de la Turquie jusqu’aux golfes de la Méditerranée en Grèce.
Arrivée en Turquie… sous la neige !
Quand on parle de Turquie, ce sont bien souvent des images de désert, de mosquées et de minarets dans des oasis qui nous viennent à l’esprit. Pourtant, dans la juste continuité de notre passage hivernal en Iran, c’est sous la neige qu’a eu lieu notre entrée en Turquie. Après un passage de frontière agréable et chaleureux, on s’est libérés de nos mauvais souvenirs Iraniens à Yüksekova, la première ville après la frontière Sud (désormais ouverte aux Overlanders). C’est là que le pays nous a offert son premier cadeau : le libraire était tout content de nous donner une carte du pays, toute poussiéreuse, cadeau utile et précieux pour les globe-trotters que nous sommes devenus ! On s’est régalés de Döners Kebabs et on a passé la nuit… au poste, bien en sécurité entre deux Defenders blindés !
Notre route s’est ensuite poursuivie confortablement : les barrages de police nous offraient régulièrement le thé, de même que les pompistes dans les stations-service. La route était partout en bon état, et les détours des lacets de montagne étaient à la fois agréables et beaux, sous le soleil le plus souvent. On a mangé un nombre extraordinaire de Kebabs, avec un plaisir à chaque fois renouvelé, et, pour la première fois depuis l’Australie, recommencé à trouver des bivouacs exceptionnels, dans la nature.
Hamams et bains Turcs de Bingöl à Gönen
On a envisagé un moment une séance de ski dans la station d’Erzurum, au Nord-Est du pays. Mais les températures nous ont dissuades : d’après un policier qui nous a offert le thé, il y faisait alors -25 degrés ! Disons qu’on avait moyennement envie de tenter le camping extrême (et encore plus froid)… Alors on a préféré se diriger vers une activité plus confortable, et les prochaines sources d’eau chaude, aux alentours de Bingöl. Grâce à des indications obtenues en Allemand (« Warme Wasser »), on a trouvé des bains Turcs très agréables, où on est restés tout un après-midi, avant d’y camper pour la nuit. Dans le hamam, où hommes et femmes sont séparés, on nage dans une piscine à 40 degrés, puis on se savonne énergiquement dans de petits lavabos autour. Il fait chaud, il fait bon, et on en sort propres et réchauffés !
Quelques jours plus tard, on a tenté de renouveler l’expérience vers la ville d’Akköy, bien connue pour une « curiosité naturelle » (dixit notre carte) : les thermes Romains de Pamukkale. L’endroit est facile à trouver : il suffit de suivre les centaines de bus de touristes qui s’y rendent chaque jour. L’entrée sur le site est très chère (25 Tl, sans compter le droit de se baigner dans les bassins), alors on s’est contentés d’admirer depuis le bas la colline blanche de calcium. Et on a passé deux nuits dans un camping, en compagnie de voyageurs Anglais et Allemand : la famille Lizard nous a appris à jouer au « cricket Français », et Kurtz nous a offert nos premières… tranches de jambon depuis l’Australie ! On les retrouvera sans doute prochainement, pour un salon du 4×4 / camping-car en Allemagne, début Septembre.
Finalement, on a retrouvé d’autres sources d’eau chaude aux alentours de Gönen, dans un centre thermal de luxe, ou on a pu, pour 25 USD par personne, profiter du hamam, sauna et piscine chauffée extérieure. On a même poussé le luxe jusqu’à boire un soda au bar… en peignoir et petits chaussons blancs !
Du côté de la mer Méditerranée
À partir de Malatya, où on a été tout contents de trouver un centre commercial ultra-moderne et un Mc’Do, on a quitté les montagnes, et, peu à peu, on s’est rapprochés de la mer. C’est à Alyana qu’on a aperçu la Méditerranée, pour la première fois depuis de lointaines vacances en Corse. « Vous êtes à la maison, maintenant. », semblaient murmurer doucement les vagues (à la fois prometteur et nostalgique…) Mais comme toujours, le bord de mer nous fatigue rapidement : les côtes d’Antalya à Maronya sont construites d’hôtels et bâties d’un mauvais gout exceptionnel. Boites de nuit et plages privées : même hors saison, cette ambiance nous rend mal à l’aise, et on s’est vite échappés, ne revenant au bord de mer qu’en des endroits calmes et isolés, loin des foules.
Turquie et Grèce : des bivouacs de rêve
Depuis l’Australie, on n’avait rarement trouvé d’aussi beaux bivouacs : en Turquie et en Grèce, on a dit un adieu définitif aux hôtels (parfois obligatoires au Pakistan et en Iran), pour dormir tous les jours dans notre 4×4, ce qui nous a permis de passer la nuit dans des endroits inattendus, avec un point de vue magique et dans une tranquillité absolue. Trouver un bivouac sympa pour la nuit, ça prend toujours du temps, mais l’expérience nous a appris à repérer plus rapidement ces quelques endroits magiques, trésors de sérénité pour une nuit unique. Notre palmarès en images :
- À Maronya, Grèce : on a tourné des heures dans un site archéologique avant de s’installer en bas d’un pré. On entendait les vagues, juste en bas de la falaise !
- Après Malatya, Turquie : tout en haut d’une montagne de roches, avec une vue plongeante sur la vallée et un petit village en contrebas. La solitude à l’état pur.
- À Metpès, Grèce : on a franchi un lac et suivi un chemin de tracteurs jusqu’à une petite chapelle au bord d’un lac, survolé d’oiseaux pécheurs.
- À Profitis, Grèce : on s’est simplement posés dans un pré, au bord d’un chemin de terre entre deux fermes. Le matin, les clochettes des chèvres nous ont gentiment réveillés.
- Vers Bailya, Turquie : dans la foret, au bout d’un chemin 4×4 plein de cailloux, après une rivière et juste avant un chemin de chèvres. Un bivouac d’aventuriers !
On a aimé notre voyage en Asie, d’une richesse extraordinaire de la Malaisie à l’Inde, et jusqu’au Pakistan. Mais trouver des bivouacs sympa sans éveiller trop de curiosités est une des libertés qui nous a rendu le voyage plus facile à partir de la Turquie et de la Grèce. Moins d’aventures une fois en Europe, certes, mais on a recommencé à s’y amuser plus librement, moins concentrés sur les questions de circulation et de visas. Le confort d’être chez soi : une nouvelle phase, parfois nostalgique (car proche du retour, finalement), de notre voyage, juste après les défis Indiens et Pakistanais, et avant de se rapprocher encore plus, via les Balkans.
































Je comprends pourquoi le vent de l’Aventure manque à nos deux baroudeurs…magnifiques images d’une Turquie authentique :-)
J’adore le passage « Tea for two.. » trop bien !!