Bien sûr, on a tous entendu parler du Pakistan. En mal, pour la plupart, sans doute. En passant la frontière de Wagah Attari, nous étions pourtant décidés à écarter tout a priori, et à accorder à ce pays le bénéfice du doute. Qu’allait-on y trouver ? Quel accueil nous y serait réservé ? Dès la frontière, le ton a été donné : l’accueil a été des plus chaleureux, et on s’est tout de suite sentis à l’aise dans ce pays au croisement entre l’effervescence Indienne et la politesse Musulmane. De Lahore au Balochistan, notre route, parfois sous escorte, nous a menés de montagnes en zones inondées, de déserts en oasis et de tempête de sable en tempête de neige. Une dizaine de jours à l’écart des zones touristiques, à l’encontre des idées médiatisées.
Lahore et la fermeture des frontières
À Lahore, on a d’abord zoné un peu dans le centre-ville, sans carte et sans aucune idée d’orientation, à la recherche d’une guesthouse qu’on nous avait conseillée. Après achat d’une carte du pays et changement de nos espèces, sans oublier un déjeuner au Pizza Hut (leçon du jour : quand ça ne va pas, il faut manger. L’estomac plein, tout s’arrange souvent !), il s’est avéré que celle-ci était juste au coin de la rue. Lahore Backpackers avait entre temps changé de nom : accueillis chaleureusement par Sujjad et Niamat, on s’y est reposés quelques jours de nos péripéties Indiennes, avec tout le confort d’Internet, d’une douche chaude et d’une machine à laver, et malgré quelques coupures d’électricité régulières.
De la ville, on n’a pas visité grand-chose, mais on s’est contentés de voir la vie de tous les jours, comme on préfère voyager. On a fait nos courses dans de petits centres commerciaux, mange des shawarmas dans la rue et quelques pizzas. Le Dimanche, on s’est baladés dans les rues désertes, fréquentées uniquement par les promeneurs de la fin de semaine et les joueurs de cricket. Ici, c’est sérieux, et surtout en période de Coupe du monde : « on ne veut pas gagner la Coupe, on veut juste battre l’Inde ! »
Quelques jours plus tard, on est retournés à la frontière de Wagah pour assister à la cérémonie de fermeture des portes. Symbole inoffensif de la rivalité entre les deux pays, cette cérémonie d’une heure est l’occasion pour chaque nation de se mesurer à grands coups… de pousser la note ! À grande teneur patriotique, mais dans une ambiance chaleureuse, les festivités se déroulent sous les encouragements des foules de spectateurs, essentiellement locaux. Un grand moment d’émotion…
Vidéo : fermeture de la frontière, sous les encouragements
De Multan à Sukkur, sous bonne garde !
On nous avait parlé de NOC (Non Objection Certificate), nécessaire pour traverser certaines régions. Arrêtés à un barrage policier près de Dera Ghazi Khan, on a fait demi-tour sous notre première escorte : direction Multan, où ils ne nous ont pas lâchés avant qu’on trouve un hôtel pour la nuit (compliqué pour deux étrangers qui débarquent sous escorte armée !) On a profité de la fin d’après-midi et du lendemain pour organiser nos autorisations, mais rien n’y a fait : DG Khan serait interdits aux étrangers pour les prochains jours…
Pas le choix : devant ces impératifs, gentiment expliqués par le commissaire de police autour d’un thé, on s’est résolus à changer de cap. Dès le lendemain matin, on reprenait la route en direction du Sud : au lieu d’entrer au Balochistan par le Nord, on y parviendrait par Sukkur et Jacobabad, zone récemment sous le feu des projecteurs suite aux inondations qui ont durement touché la région.
Les escortes ne nous ont quasiment pas lâchés de DG Khan à Sukkur. Les forces spéciales du Punjab, armés jusqu’aux dents et tout de noir vêtus, remportent la palme de l’efficacité : les voitures et les équipes se sont relayées sans aucune pause dans notre avancée ! Aux alentours de Sukkur et Jacobabad, on a bien aperçu des camps de réfugiés, faits de tentes alignées sur des centaines de mètres, ponctués des bâches bleues des cabanes sanitaires. Les routes étaient cependant en assez bon état, et on a rapidement passé notre chemin, à côté d’un camion qui distribuait des rations de riz.
Vidéo : escortés par les Forces Spéciales du Punjab !
Shopping et tempête de sable à Quetta
Dès notre arrivée au Balochistan, le paysage s’est mis à changer. Des vertes vallées, on est entrés dans un monde de désert et de montagnes. Notre route vers Quetta nous a menés à travers tunnels et rochers, dans un décor digne du petit train de la mine, version gigantesque ! On surplombait des canyons vertigineux, sur de minuscules routes, puis on traversait carrément le lit de la rivière, dans les galets et les ravins (vive le 4×4) ! Au sommet d’une montagne, on a même essuyé une tempête… de grêle et de neige ! Le tout à toute allure, derrière une Jeep de la police, d’où deux gardes aux cheveux rouges ne nous quittaient pas des yeux.
Quetta reste sans doute un des meilleurs souvenirs de notre passage au Pakistan. Coincés dans la ville pendant deux jours à cause d’un problème de carte bancaire (vive Western Union !), on a eu l’occasion de se balader tout seuls dans les rues, et on en a profité pour visiter les boutiques locales : Michaël a acheté trois foulards et une grande couverture en laine. L’atmosphère était très sympathique, et on s’est reposés en buvant un jus de fruits dans une minuscule échoppe. Mais il ne faut pas trop faire les malins non plus : à 18h, les touristes doivent être à leur hôtel… sous peine de mort (authentique) !
La route qui mène de Quetta à la frontière Iranienne à l’Ouest est fantastique. Elle traverse de grandes étendues désertiques, encaissées entre des montagnes noires, et les escortes en scooter luttaient fort contre les tempêtes de sable ! Pour notre dernier repas au Pakistan, on a cuisiné de la saucisse de Morteau avec des pommes de terre, arrosées d’un vin d’Arbois… dans l’enceinte d’une station de police ! Le lendemain, on s’est arrêtés dans un véritable oasis, avec des maisons en terre et des ânes devant les palmiers. Et finalement, on est arrivés, un peu perdus, à la frontière Iranienne, où nos plus beaux souvenirs ne nous attendaient pas. Notre séjour au Pakistan n’a duré que 12 jours, et s’est déroulé de manière exceptionnelle (escortes, NOC, etc.), mais on n’en ramène qu’un seul regret : ne pas avoir pris davantage de temps pour découvrir ce pays formidable ! Promis, on reviendra, peut-être en moto (?) rouler la route des Karakoram.




























Trop drôle ce cérémonial entre les deux pays, unique au monde je crois…j’image ça entre la Suisse et la France !! En tous cas les barbes rousses ne sont pas très engageants à première vue, merci pour cet éclairage sur ce pays méconnu :-)
Bonjour,
Avec mon copain, nous allons faire a peu pres le meme parcours et je voulais discuter des demarches administratives et des visas avec vous afin de beneficier de votre experience. Merci d’avance